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Paulina 1880

Années 1874-75. Nous sommes au faîtes du bonheur de Paulina. Est-ce le bonheur? Tout est-il tranquille? C’est seulement quand « après », la tête sur la poitrine de son ami, elle entendait le battement de son coeur et en ressentait la chaleur avec le bruit sourd, charnel et puissant, que Paulina pouvait connaître enfin le sentiment de l’unité et la douceur.

Pierre Jean Jouve

Fastes

Un parfum restait, on pouvait dire qu’une déesse était apparue.

Ovide

Au miroir d’Andreï Tarkovski

Ton tutoiement avait un sens royal : un autre monde naissait.

The tarnished angels

Qu’est-ce qu’adapter un roman au cinéma ? Lui faire un enfant dans le dos aurait répondu Douglas Sirk. Les femmes ne s’y prennent pas autrement lorsqu’elles veulent ferrer un as qui a la tête dans les étoiles. Ainsi Laverne avec Roger Schumann, ignorant qu’un coup de dé déciderait de son sort. Fin du flashback. Elle ferme ses grands yeux las, allongée sur le divan du journaliste Burke Devlin qui en pince pour les épouses délaissées et le whiskey.

L’action se déroule non loin de la Nouvelle-Orléans, au moment du carnaval : ambiance de fête foraine avec glaces qui rendent difformes les enfants, barbes-à-papas, manèges à hurlements. Mais l’attraction principale ce sont les courses d’avion. Roger porte le masque d’un fou alors qu’il tient la corde et vire à chaque pylône, au risque de briser les ailes des concurrents. Il s’abîmera au fond du lac – ce qu’il en coûte de jouer les volatiles, même pour une dernière fois.

Les héros ou plutôt les créatures qui peuplent le cauchemar américain, ne sont plus tout à fait des humains. Des corps-machines alimentés au kérosène. De la chair cabossée par le spectacle car outre atlantique, cela finit toujours par un show. Le public les adule autant qu’il les méprise, et c’est à leur belle mort qu’il vient assister en nombre. Quant à notre journaliste, il trouve là matière à épopée.

Parfois les existences retombent sagement : la blonde cessera ses acrobaties aériennes, retournera à la terre d’où elle vient, l’Iowa, avec son fils sous le bras. Et le roman que lui tend Devlin sur le tarmac ? Un prétexte pour filmer leurs retrouvailles et des champs de blé à perte de vue, aurait répondu Douglas Sirk, pourvu qu’un fléau vienne tout dévaster.

Dominique Ristori

Les fleurs de Tarbes ou la Terreur dans les Lettres

On voit, à l’entrée du jardin de Tarbes, cet écriteau :

IL EST DEFENDU D’ENTRER DANS LE JARDIN AVEC DES ROSES A LA MAIN

On le trouve aussi de nos jours, à l’entrée de la littérature. Pourtant, il serait agréable de voir les filles de Tarbes (et les jeunes écrivains) porter une rose, un coquelicot, une gerbe de coquelicots.

Jean Paulhan

New York movie

Un tableau d'Edward Hopper

De vous à moi

Chers lecteurs,

Mon envie, seule boussole d’Edwarda, me mène à cristalliser bientôt dans une collection de livres choisis mon désir de liberté partagée et qui se manifestait jusque là sous l’enveloppe de la revue. Envol pris, les ailes que tous les contributeurs ont donné à  Edwarda vont la mener d’ici quelques mois à atteindre un nouveau rivage. Les livres qui marqueront ce nouveau domaine d’évolution, seront précieux parce que d’abord rares. Frappés du coin de l’inactuel le plus urgent, puisque conjuguant en une même expérience intérieure le sensuel et le spirituel.

La revue va prendre son temps. Elle reparaîtra alors aussi fraîche qu’une surprise.

Enfin, par le biais du blog, j’aimerais continuer de vous offrir avec l’aide précieuse de mes contributeurs ce quelque chose qui nous modifie et nous amène à la vie : l’émotion.

Sam Guelimi

 

Nadja

Une certaine attitude en découle nécessairement à l’égard de la beauté, dont il est trop clair qu’elle n’a jamais été envisagée ici qu’à des fins passionnelles. Nullement statique, c’est-à-dire enfermée dans « son rêve de pierre », perdue pour l’homme dans l’ombre de  ces Odalisques, au fond de ces tragédies qui ne prétendent cerner qu’un seul jour, à peine moins dynamique, c’est-à-dire soumise à ce galop effréné après lequel n’a plus qu’à commencer effréné un autre galop, c’est-à-dire plus étourdie qu’un flocon dans la neige, c’est-à-dire résolue, de peur d’être mal étreinte, à ne se laisser jamais embrasser : ni dynamique, ni statique, la beauté je la vois comme je t’ai vue.

André Breton

Diva

PJ Harvey par Seamus Murphy

Essais

Je ne peins pas l’être. Je peins le passage.

Montaigne