blog

Le bonheur dans le crime

Quand on se retournait de cette forme idéale de beauté souple, de force terrible au repos , de dédain impassible et royal , vers les créatures humaines qui la regardaient timidement, qui la contemplaient, yeux ronds et bouche béante , ce n était pas l’humanité qui avait le beau rôle, c’était la bête .

Jules Barbey d’Aurevilly

Isabelle Adjani

Photo de Hervé Guibert

Naked young man

Konstantin Somov

La chaleur est si blanche aujourd’hui, si lourde qu’elle m’affole.
Je regarde Atys qui somnole, oublieux, par la fenêtre ouverte du jardin. Dix-sept ans, un moteur de Rafale piégé dans un bourgeon d’aupébine. Son corps déjà massif, encore tendre, lacté. Mais sa bouche pleine, dédaigneuse, fruit à crocs de lait, promise aux triomphes. Le soleil décline, alors, peut-être une nouvelle inclinaison de la lumière, il ouvre les yeux, aperçoit mon regard braqué sur lui.

(suite…)

La Défense de l’infini

L’homme qui vit très seul (je prétends que je vivais très seul, les contradicteurs sont des aveugles) a parfois un besoin insensé de la multitude humaine. Je passais ce désir violent grâce aux musiques absurdes et au public flottant des boîtes de nuit. Ces temples de l’instabilité où s’usait doucement ma vie m’étaient devenus nécessaires comme un stupéfiant. J’aimais à voir s’y faire et défaire de précaires destins. Au seuil de toutes les aventures. Là où joue le hasard. Là, et ailleurs. Parfois je me jetais dans une de ces intrigues qui se formaient devant moi. J’ai toujours eu plutôt le goût du romanesque que celui des romans. Montmartre me servait très bien sous ce rapport. C’est pourquoi pendant des années je n’ai guère quitté Montmartre.

Louis Aragon

Les Innocents aux mains sales

Une chambre en ville

Photo de Sam Guelimi

Cubomania

Gherasim Luca

Illusions girls

Photo de Poppy de Villeneuve