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Ornella Muti

Le Petit

Comme au bordel. Dieu a le « choix ».

Le secret

Plus un seul regard n’était maintenant braqué sur moi. Sottement je me mis à ressentir de la jalousie et de la colère contre cette beauté qui me dépossédait de ma popularité. Quel dépit de me voir un instant piétiné, éclipsé par le pouvoir de séduction d’une femme que j’avais naguère possédée avant de la laisser choir sans façons ! Peut-être m’avait-elle reconnu et, sarcastique, faisait elle exprès de se venger sur moi ?
Progressivement je sentis, devant pareille beauté, ma jalousie se changer en violent amour. Vaincu dans l’affrontement de féminité, je voulais cette fois, avec un orgueil de mâle, la dominer et la soumettre. À cette pensée, saisi d’un irrépressible désir, je fus tenté de me jeter brutalement sur ce corps flexible comme sur une proie et de le secouer avec violence. Profitant de l’obscurité, je tirai de mon obi  une feuille de papier et crayon et griffonnai ce billet:
« je suis sûr que tu m’as reconnu (…) »

Junichiro Tanizaki

Marie

Photo de Sam Guelimi

Présence d’esprit

Le désir est ce qui croît tant qu’on diffère la jouissance, celle-ci aurait-elle le crime pour cause. il est ce retard même. Il est toutes les formes que prend l’attente, le plaisir sculpté à flanc de néant.

Mathieu Terence

Kristen Stewart

Sur la route de Walter Salles

La Société du spectral

L’obscène, écrit Baudrillard, c’est le corps qui se revêt de ses propres sécrétions, qui apparaît, se représente, se montre à découvert, ou livre ses secrets.

Serge Martel

 

Ziggy

Photos de Cédric Lagandré

Sous le soleil de Satan

Alors elle commença de parler avec une volubilité extrême, comme elle faisait chaque fois qu’un mot jeté au hasard réveillait au fond d’elle-même ce désir élémentaire, non pas la joie ou le tourment de cette petite âme obscure, mais cette âme même. Et dans la vibration de ce corps frêle et déjà flétri sous son éclatant linceul de chair, dans le rythme inconscient des mains ouvertes et fermées, dans l’élan retenu des épaules et des hanches infatigables, respirait quelque chose de la majesté des bêtes.

Georges Bernanos

Sandra (Vaghe stelle dell’Orsa)

Film de Luchino Visconti, extrait choisi par Sébastien Jamain