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Tristan und Isolde
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Un leitmotiv wagnérien
Georgia
—Je ne dors pas Georgia/ Je lance des flèches dans la nuit Georgia/ J’attends Georgia/ Je pense Georgia/ Le feu est comme la neige Georgia/ La nuit est ma voisine Georgia/ J’écoute les bruits tous sans exception Georgia/ Je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia/ Je marche à pas de loups dans l’ombre Georgia/ Je cours voici la rue les faubourgs Georgia/ Voici une ville qui est la même/ et que je ne connais pas Georgia/ Je me hâte voici le vent Georgia/ et le froid silence et la peur Georgia/ Je fuis Georgia/ Je cours Georgia/ Les nuages sont bas ils vont tomber Georgia/ J’étends les bras Georgia/ Je ne ferme pas les yeux Georgia/ J’appelle Georgia/ Je crie Georgia/ Je t’appelle Georgia/ Est-ce que tu viendras Georgia/ Bientôt Georgia/ Georgia Georgia Georgia/ Georgia/ Je ne dors pas Georgia/ Je t’attends/ Georgia
Philippe Soupault
Flower modern
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Une nature morte d’Araki Nobuyoshi
Notre avant-dernier mot
—Notre avant-dernier mot/ serait un mot de misère,/ mais devant la conscience-mère/ le tout dernier sera beau.
Car il faudra qu’on résume/ tous les efforts d’un désir/ qu’aucun goût d’amertume/ ne saurait contenir.
Rainer Maria Rilke
Na Pogoste
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Une illustration de Vania Zouravliov
Dialectique du sujet et de l’objet
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Une photographie de Helmut Newton
Albertine disparue
—Toute femme sent que plus son pouvoir sur un homme est grand, le seul moyen de s’en aller, c’est de fuir. Fugitive parce que reine, c’est ainsi.
Marcel Proust
La rime et la vie
—On peut vous peindre aujourd’hui autrement. Non plus dédoublé en
entités duelles et discontinues, mais comme un continu de rythme où
le mouvement de signifier a votre corps, vos gestes, votre voix, votre
histoire. Vous n’êtes plus son et sens, et cette fameuse hésitation
prolongée entre les deux, qui faisait pour Valéry le poème.
Convention et nature. Vous êtes un homme une femme réellement en
train de parler. Il ne vous sort plus de la bouche les catégories de
la langue, qui laissent toujours un drôle de résidu, mais tout
entier vous êtes discours et prosodie. L’infini du dire. Le fond du
tableau aussi a changé. Votre portrait en langage vous peint comme un
monde. L’écoute du langage est aussi, d’abord peut être, l’écoute
du changement indéfiniment en cours dans ses représentations. Et
comme ces représentations ne sont pas séparables de celles que
l’individu a du sujet, le travail du sujet est ce changement même
Un texte de Henri Meschonnic choisi par Sébastien Hubert
Sprezzatura
—Mais j’ai déjà souvent réfléchi sur l’origine de cette grâce, et, si on laisse de côté ceux qui la tiennent de la faveur du ciel, je trouve qu’il y a une règle très universelle, qui me semble valoir plus que tout autre sur ce point pour toutes les choses humaines que l’on fait ou que l’on dit, c’est qu’il faut fuir, autant qu’il est possible, comme un écueil très acéré et dangereux, l’affectation, et pour employer peut-être un mot nouveau, faire preuve en toute chose d’une certaine sprezzatura, qui cache l’art et qui montre que ce que l’on a fait et dit est venu sans peine et presque sans y penser.
Baldassare Castiglione
