Plasticité
—Une vidéo de Pipilotti Rist
Une vidéo de Pipilotti Rist
Une photographie de Myrto Papadopoulos
La proue du Pythéas déborda à bâbord.
Sur le quai les aussières furent décapelées par deux femmes en robe du soir. Quand elles eurent fini, elles agitèrent leur mouchoir en signe d’adieu.
Nikos Kavvadias, Le quart
Un film de Costas Ferris
Une oeuvre de Victor Brauner
Nous n’avons pas besoin d’autres mondes. Nous avons besoin de miroirs. Nous ne savons que faire d’autres mondes. Un seul monde, notre monde, nous suffit, mais nous ne l’encaissons pas tel qu’il est.
Stanislas Lem, Solaris
Nous ne vivons que pour l’instant où nous admirons la splendeur du clair de lune, de la neige, des fleurs de cerisier et des feuilles colorées de l’érable.
Asai Ryoi
Une photographie de Laurent Marois
En effet, mes yeux obliques et mes narines retroussées cruelles ne changent d’expression jamais et hallucinent d’autant plus qu’ils sont immuables.
René Etiemble, Blason d’un corps
Merci à Sébastien Hubert.
Sonia Wolguelane haussa les épaules et Mevlido pendant deux secondes explora en imagination son dos et sa nuque sous le maillot à rayures que la veste de travail laissait entrevoir. Il savait qu’elle portait des tatouages à la naissance du bras et ailleurs. C’était exactement ce que toutes les organisations subversives haïssaient et interdisaient depuis l’origine des temps révolutionnaires, pour des raisons pratiques – on avait beau changer d’identité, le tatouage restait -, et pour des raisons idéologiques – scarifier son corps, marquer sa peau, c’était réadopter des pratiques de l’âge de pierre. Mais elle avait quelques tatouages ici et là et Mevildo se les représentait, et il trouvait que cela lui allait merveilleusement bien, que les dessins à l’encre étaient adorables et excitants et que, au fond, tout le monde se fichait de l’âge de pierre, maintenant que le pire de l’histoire barbare humaine ou sous-humaine avait été atteint et même dépassé.
Antoine Volodine