Le château de l’araignée
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Un film de Kurosawa Akira

Un film de Kurosawa Akira
Dans l’église, Nora elle me faisait l’effet d’être encore plus belle que dehors, moi je trouvais du moins. Avec les orgues et les demi-teintes des vitraux, je m’éblouissais dans son profil…je la regarde encore à présent…je la revois comme je veux. Aux épaules, le corsage en soie il fait des lignes, des détours, des réussites de la viande, qui sont des images atroces, des douceurs qui vous écrabouillent.
Louis-Ferdinand Céline

Pas d’individu qui ne soit parcelle transitoire de l’univers biologique en même temps qu’à lui seul tout un monde. Pas de présence charnelle qui n’apparaisse comme déjà rongée par la future absence. Pas d’homme ni de femme dont le sort ne soit, qu’ils en aient conscience précise ou non, un mariage du ciel et de l’enfer. Pour qui l’applique aux êtres humains et le pousse à l’extrême, le réalisme pourrait-il déboucher sur autre chose que la tragédie?
http://youtu.be/scJX-BdEUM0
Une femme entre deux âges dans un café. Anxieuse, de beaux yeux bleus. Une femme qui a grandi pas très loin de la rue de Verneuil. Elle prendra un verre de vin. Le goût du chlore a envahi le monde, constate-t-elle, en ressent l’effet sur sa peau. Une femme si seule que tout pour elle devient menace. L’eau de la piscine, la ville, les autres. Quelque chose de Sue perdue : sa vie pourrait verser dans la marginalité. Celle des SDF qu’elle croise de plus en plus souvent dans la rue et dont elle prend soin. Une femme au sang bleu qui a reçu le baptême et se défend de blasphémer. Les anges aux ailes brûlées veillent sur elle. Du côté de Belleville, elle se souvient avoir vu des gamins jouant aux pieds d’un immense poster de Kate Moss qui leur faisait un clin d’œil. Sans aucun doute, elle est de leur côté, pas des bourgeois en tout cas. A la frontière de la noirceur, concède-t-elle. Une femme vouée au mariage, à enfanter mais qui a fini par devenir artiste. Encore que prudemment, elle récite ses textes plus qu’elle ne les chante. Cela viendra.
Caroline-Christa Bernard par Dominique Ristori
« Et je dis : « Saulsbury, Tennessee » Et je me retourne, et je vois sa figure. Et on aurait dit qu’elle la tenait toute prête pour la surprise, et qu’elle savait que, lorsque la surprise arriverait elle en éprouverait du plaisir. Et la surprise arriva, et elle en fut toute contente. Et la v’là qui dit : » Mon Dieu, mon Dieu. Comme on peut en faire du chemin tout de même ! Y a pas deux mois que j’ai quitté l’Alabama et me v’là déjà en Tennessee ! »
William Faulkner
Cette ride noire verticale entre les deux sourcils de la colère, sur le visage très blanc de la jeune fille, le paralysa, le poussa à réfléchir : à se repentir, ou peut s’en faut.
Carlo Emilio Gadda
Il n’y a que une seule surface, infiniment agitée et transformée.
R.M.Rilke
On la surnomme la fille aux cheveux bleus électrique en raison de la coloration qui la distingue de ses congénères et de mauvais esprits disent qu’elle fait penser à ces souris de laboratoire, marquées à des fins expérimentales. On la croise partout où l’exige la nuit, dans les vernissages et les after shows. Aucun évènement où il convient d’être vu n’échappe à une brève apparition de sa part. Sans jamais s’attarder, elle repart aussitôt l’effet produit à la manière d’un dandy. Comment fait-elle pour recevoir tant d’invitations, se demande-t-on à l’envie et qui est-elle? Une attachée de presse, une artiste contemporaine ou une simple noctambule? Car si chacun la salue, nul ne la connaît vraiment. Mais un plus grand mystère encore entoure la jeune femme : sa présence attestée plus d’une fois, à la même heure, dans différents endroits.
Joachim Bernis