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On ne sait pas ce que peut un corps

Dessin de Charlotte Mollet

        Deux corps de femmes pris dans l’étreinte amoureuse en forment un troisième sans visage, réalisant ce désir de fusion que l’on prête aux mammifères. Pourtant on pourrait dire tout autant que ces enveloppes charnelles les individualisent et les ramènent à leur solitude. D’où, ça et là, des fissures, un déchirement, comme une parturition. Le dessin maintient la tension entre ces extrêmes, conjoints dans l’incarnation…avec d’autres hypothèses encore.

         Et s’il s’agissait d’une forme qui se dédouble par l’opération de la schizophrénie, de la danse, d’une chronophotographie. A moins qu’un souffle ne la projette en arrière, lui rappelant qu’elle vient de l’informe. Elle y retourne pleinement, d’une torsion, se décompose en quelque chose d’innommable, un précipité d’os et de muscles.

         A rebours le regard verrait une mutante rêvant qu’elle devient une femme comme dans le songe de Zhuangzi revisité par un Philip K. Dick ; car le corps n’est jamais que la projection de l’esprit et inversement.

Dominique Ristori

Pourtant

Pourtant, j’aurais voulu m’appeler Morgane, moi qui n’arrive jamais au présent et n’ai que le passé à la bouche, j’aurais été l’enfant de Morgen, de demain et mes vingt-trois paires de chromosomes auraient été moins inquiètes.

Véronique Bergen

Le corbeau

Journal de Trêve

Ce n’est pas un couple qu’il songeait à former avec elle, c’était un gang. Mais même, il y aurait eu sans doute quelques petits problèmes quant au choix des banques.

Frédéric Berthet

Images (à suivre)

L’ « iconocratie » n’est qu’une longue et tumultueuse négociation entre les instances du pouvoir chrétien et la liberté des opérations imageantes qui ne cessent de travailler avec les figures du désir, le corps des passions.

Marie-Josée Mondzain

La Vierge d’Anvers

Jean Fouquet

Hommage

(Edwarda 2)

Dorothea Tanning

Le rivage des Syrtes

C’est ainsi que j’ai connu Vanessa.

Je ne devais me rendre compte que bien plus tard de ce privilège qu’elle avait de se rendre immédiatement inséparable d’un paysage ou d’un objet que sa seule présence semblait ouvrir d’elle-même à la délivrance attendue d’une aspiration intime, réduisait et exaltait en même temps au rôle significatif d’attribut. « Baigneuse sur la plage », « châtelaine à son rouet », « princesse sur sa tour », c’étaient les termes presque emblématiques qui me venaient à l’esprit quand j’essayai plus tard de me rendre compte du pouvoir de happement redoutable de cette main ensorcelée. Les choses, à Vanessa, étaient perméables.

Julien Gracq

Lune de fiel

Roman Polanski