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La dernière femme

Film de Marco Ferreri

On ne sait pas ce que peut un corps

Dessin de Charlotte Mollet

        Deux corps de femmes pris dans l’étreinte amoureuse en forment un troisième sans visage, réalisant ce désir de fusion que l’on prête aux mammifères. Pourtant on pourrait dire tout autant que ces enveloppes charnelles les individualisent et les ramènent à leur solitude. D’où, ça et là, des fissures, un déchirement, comme une parturition. Le dessin maintient la tension entre ces extrêmes, conjoints dans l’incarnation…avec d’autres hypothèses encore.

         Et s’il s’agissait d’une forme qui se dédouble par l’opération de la schizophrénie, de la danse, d’une chronophotographie. A moins qu’un souffle ne la projette en arrière, lui rappelant qu’elle vient de l’informe. Elle y retourne pleinement, d’une torsion, se décompose en quelque chose d’innommable, un précipité d’os et de muscles.

         A rebours le regard verrait une mutante rêvant qu’elle devient une femme comme dans le songe de Zhuangzi revisité par un Philip K. Dick ; car le corps n’est jamais que la projection de l’esprit et inversement.

Dominique Ristori

Le corbeau

La Vierge d’Anvers

Jean Fouquet

Hommage

(Edwarda 2)

Dorothea Tanning

I’m not sure to feel comfortable

Photo de Sam Guelimi

Edwarda n°5 : The Dreamcatcher

Méfiez-vous du rêve des autres

A dangerous method

Maintenant que la jeune femme a osé formuler son désir – Je veux, dit-elle, que tu me punisses, elle lève les yeux vers l’analyste avec une expression de défi non dénuée de perversité. Contre toute prudence, le jeu érotique de la fessée s’impose comme méthode curative.

Plus loin, les portes-miroirs d’une armoire capturent l’intensité sexuelle des séances. Furtivement, la patiente contrôle sur la glace que l’amant est bien pris au piège de son fantasme. Lorsqu’il abat les verges sur sa croupe, elle peut alors jouir.

Carl Jung et Sabrina Spielrein finissent par rompre. L’élève passe à l’Ennemi, en la personne de Sigmund Freud ; la femme en épouse un autre dans lequel elle ne voit plus un père. Elle est guérie de celui dont elle a bouleversé l’existence.

Dominique Ristori

La Maja nue

Goya

Tokyo

Photo de Daido Moriyama