Raging Bull
—http://youtu.be/RVS-f8JABCc
Un film de Martin Scorcese
http://youtu.be/RVS-f8JABCc
Un film de Martin Scorcese
http://vimeo.com/23750116
Une oeuvre de Caroline Corbasson
Cardiaque
An 1563
La dissection des cadavres est interdite par l’Eglise, ainsi que la pratique de la médecine par les femmes. Alix dessine des organes humains tels qu’elle les imagine, les pressent. On l’accuse de sorcellerie, d’utiliser « l’œil de Satan » pour scruter l’intérieur du corps humain. Elle est très belle, trop. Cela suffit à la rendre suspecte. On la surprend déguisée en homme, à cueillir des herbes malignes. Les Punisseurs découvrent dans son tablier un petit coeur de lapin séché. Il n’en faut pas moins, à vingt ans et poussières, pour la condamner à la Question, à la torture, et au bûcher.
An 2013
Caroline, vingt deux ans, forge des mobiles en acier et laiton sur le schéma des veines du cœur, la couronne du réseau sanguin ; vaisseaux, veinules, aortes. Une planète suspendue aux arcs vacillants. Ce cœur littéral est comme le cœur figuré : solide, tangible, il bat, on sait qu’il existe. Mais on ne sait jamais de quel côté il va tourner.
Un texte de Georgina Tacou
http://youtu.be/1BjvIAWYfP8
Un film de Wim Wenders
Le luxe selon Suicide
http://youtu.be/IOmazuzCXCg
Une utopie de New Order
http://youtu.be/fIrnFrDXjlk
Une chorégraphie de Loie Fuller
Quand l’eau de ta bouche remonte/ Au bord de tes dents,
Charles Baudelaire

Catherine Deneuve dans un film de Roman Polanski
Une reprise de Neil Young

Ton tutoiement avait un sens royal : un autre monde naissait.
Qu’est-ce qu’adapter un roman au cinéma ? Lui faire un enfant dans le dos aurait répondu Douglas Sirk. Les femmes ne s’y prennent pas autrement lorsqu’elles veulent ferrer un as qui a la tête dans les étoiles. Ainsi Laverne avec Roger Schumann, ignorant qu’un coup de dé déciderait de son sort. Fin du flashback. Elle ferme ses grands yeux las, allongée sur le divan du journaliste Burke Devlin qui en pince pour les épouses délaissées et le whiskey.
L’action se déroule non loin de la Nouvelle-Orléans, au moment du carnaval : ambiance de fête foraine avec glaces qui rendent difformes les enfants, barbes-à-papas, manèges à hurlements. Mais l’attraction principale ce sont les courses d’avion. Roger porte le masque d’un fou alors qu’il tient la corde et vire à chaque pylône, au risque de briser les ailes des concurrents. Il s’abîmera au fond du lac – ce qu’il en coûte de jouer les volatiles, même pour une dernière fois.
Les héros ou plutôt les créatures qui peuplent le cauchemar américain, ne sont plus tout à fait des humains. Des corps-machines alimentés au kérosène. De la chair cabossée par le spectacle car outre atlantique, cela finit toujours par un show. Le public les adule autant qu’il les méprise, et c’est à leur belle mort qu’il vient assister en nombre. Quant à notre journaliste, il trouve là matière à épopée.
Parfois les existences retombent sagement : la blonde cessera ses acrobaties aériennes, retournera à la terre d’où elle vient, l’Iowa, avec son fils sous le bras. Et le roman que lui tend Devlin sur le tarmac ? Un prétexte pour filmer leurs retrouvailles et des champs de blé à perte de vue, aurait répondu Douglas Sirk, pourvu qu’un fléau vienne tout dévaster.
Dominique Ristori