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Giacomo Joyce

Écoutez donc ce qui a lieu dans les phrases, écoutez la montée de l’excitation. La jeune fille s’avance : « Elle ondule vers moi dans le séjour froissé » . Voici qu’elle glisse le long de son épiderme, et c’est un « baiser serpentin sur une myriade de veines ». Le texte frotte, brûle, devient « approche sinueuse de la chair ». Et le plaisir éclate dans son étrangeté : « De mon aisselle droite surgit un bouquet de flammes ».

Une postface de Yannick Haenel

La transe

La transe ne peut qu’être, dans l’optique des Thonga, un moyen extrême de faire cesser la possession par un esprit dangereux.

Luc  de Heusch

Mambo

Une performance de Brigitte Bardot 

L’île au trésor + Toni, Paris 1985

Je n’ai jamais vu la mer calme autour de l’Île au trésor. Même quand le soleil est brûlant, qu’il n’y a pas un souffle d’air et que la surface de l’eau est lisse et bleue, de grands rouleaux viennent toujours se briser le long de la côte, dans un grondement de tonnerre qui ne cesse ni le jour ni la nuit. Et je doute même qu’il y ait un seul endroit de l’île d’où on ne puisse entendre le fracas des vagues.

Robert Louis Stevenson

S.H. précise qu’il associe ce passage à une photographie de Dahmane Benanteur. Elle représente une jeune femme couchée sur un canapé blanc, un traversin entre les jambes et un bras tendu vers une plante verte.

Brigitte

Une chanson de Brigitte Fontaine

Il y a la réalité. Et tout le reste.

cardone

Une oeuvre de Barbara Cardone

Merci à Astrid Maury

2666

Avant que Norton ne couche pour la première fois avec Pelletier, Morini avait déjà entrevu cette possibilité. Non à cause de l’attitude de Pelletier face à Norton mais du détachement de cette dernière, un détachement indéfini que Baudelaire aurait appelé spleen et que Nerval aurait appelé mélancolie, et qui plaçait l’Anglaise en une excellente disposition pour entamer une relation intime avec n’importe qui.

Roberto Bolano

Constellation de la Licorne

Nébuleuse Sh2-284

Chinatown

– Qu’y a-t-il?

– Votre oeil.

– Et bien?

– Il y a une chose noire dans le vert de votre oeil.

Un film de Roman Polanski

Le zéro et l’infini

Ses yeux n’avaient pas changé d’expression, lorsqu’elle prononça cette phrase qui, pas plus que les mains jointes de la Pietà et l’odeur de varech dans le petit port, ne pouvait plus sortir de la mémoire de Roubachof :   « Vous ferez toujours de moi ce que vous voudrez. – Et pourquoi donc ?  » demanda Roubachof, surpris et un tant soit peu alarmé. Elle ne répondit pas. Peut-être dormait-elle déjà.

Arthur Koestler

Merci à Sébastien Hubert.