Edito

De vous à moi

Chers lecteurs,
Le numéro 8 d’Edwarda vous aura peut-être surpris. Elle qui jusqu’alors vous saisissait au premier regard par ses visages en couverture et vous séduisait ensuite, page après page, en effeuillant le corps des modèles, soignant les détails depuis les mains jusqu’aux chevilles ; s’oubliait pour finir sur un sein. Mais là, aucune image comme si elle avait choisi de se dérober.
Permettez moi de préciser le jeu auquel elle vous invite : le temps d’un numéro, il s’agit de vous laisser poser un bandeau sur les yeux et d’abandonner aux phrases le soin de l’incarnation. Des femmes à imaginer vous attendent derrière la porte si vous acceptez de tourner le bouton de celle-ci, à tâtons. Des femmes à caresser sur le papier qui est peut-être aussi délicat que la chair et comme elle, parfumé. Qui a dit, ouvrir les yeux, c’est ne pas sentir?

Sam Guelimi

De vous à moi

Depuis près de trois ans Edwarda tisse un lien de fidélité avec des écrivains qui partagent avec elle ce désir de réconcilier le corps et l’esprit. Elle a décidé de poursuivre plus avant la collaboration et de lancer une collection de livres, confiant à Mathieu Terence le soin de l’inaugurer. Chair philosophale qui est un recueil d’aphorismes à l’écriture aussi exigeante que sensuelle en est l’aboutissement et le premier, souhaitons-le, d’une longue série de beaux ouvrages tirés à 500 exemplaires numérotés.

Sam Guelimi

De vous à moi

Chers lecteurs,

Mon envie, seule boussole d’Edwarda, me mène à cristalliser bientôt dans une collection de livres choisis mon désir de liberté partagée et qui se manifestait jusque là sous l’enveloppe de la revue. Envol pris, les ailes que tous les contributeurs ont donné à  Edwarda vont la mener d’ici quelques mois à atteindre un nouveau rivage. Les livres qui marqueront ce nouveau domaine d’évolution, seront précieux parce que d’abord rares. Frappés du coin de l’inactuel le plus urgent, puisque conjuguant en une même expérience intérieure le sensuel et le spirituel.

La revue va prendre son temps. Elle reparaîtra alors aussi fraîche qu’une surprise.

Enfin, par le biais du blog, j’aimerais continuer de vous offrir avec l’aide précieuse de mes contributeurs ce quelque chose qui nous modifie et nous amène à la vie : l’émotion.

Sam Guelimi

 

Des débuts et des fins

Nous aimons les débuts d’histoires où tout est encore possible et les fins parce qu’elles marquent le commencement d’autres récits. Je voudrais rassembler ici ces moments crépusculaires et frémir devant ce que chacun de nous peut offrir en fait de régions inconnues et de désirs.

Sam Guelimi

De vous à moi

Parce que je pense qu’un texte n’est jamais aussi beau que lorsque nous l’écoutons, nous ferons ici une grande place à la voix afin de nous laisser traverser par ces phrases qui nous protègent autant qu’elles nous exposent.

Pour commencer, voici une proposition que j’ai adressée aux écrivains chers à Edwarda : donnez-moi une phrase que vous aimeriez entendre prononcée par les lèvres d’une femme. Qu’elle soit belle, vraie, folle, crue, artificielle. Qu’elle relève de la lettre de sort ou de la lettre d’amour…

A notre trouble

Sam Guelimi

Édito

Depuis près de deux ans, Edwarda se propose de dilater sur papier le temps du désir. Sensible à la lenteur, aux après, aux avants surtout. Jouissant de la réitération, celle de monter trois fois les escaliers qui mènent à la chambre ; de la suspension qui fait que l’on attend sur le seuil en se posant des interdits même flottants, que l’on retarde le moment de tourner la clé dans la serrure. Car le trouble se trouve à la frontière. À d’autres supports, un autre temps. Je veux consacrer ce blog au « tremblement », et à l’« heureuse transition » que procure l’instant où le désir se précipite, à la faveur de quelques phrases, d’une image, d’un simple détail surgi du quotidien. Une ouverture également. Ce blog est l’occasion pour Edwarda d’élargir sa vie intérieure à un plus grand nombre de propositions, sombres ou lumineuses, photographiées ou peintes, en poème ou en prose, pourvu qu’elles soient excitantes. De la revue au blog, la tentative reste la même : réunir dans nos pages celles et ceux qui  désirent désirer. John Jefferson Selve, Dominique Ristori et moi-même serons très heureux de recevoir vos suggestions afin que chacun de nous soit chaque jour plus touché par elle.

Sam Guelimi

For over two years, on paper, Edwarda has been expanding the pace of desire. Susceptible to indolence, the after – and especially – the before. Rejoicing through repetition, climbing thrice the stairs that lead to the bedroom; the suspension that makes us pause on the doorstep weaving floating prohibitions, delaying the key’s turn in its lock. Because intoxication is found on the edge. For other medias, other pulse. I want to devote this blog to “shivers” and the “blissful transition”, offered when desire stumbles forward, thanks to a few collected sentences, a picture, or a simple detail purloined from daily life. It is also an opening. This blog is an opportunity for Edwarda to open in its inner life to a larger array of propositions, should they be dark or enlightened, photographed or painted, in poem or prose, as long as they are exciting. From the paper issue to the blog, the attempt remains the same: reunite in our pages those which desire desire itself. John Jefferson Selve, Dominique Ristori and myself, shall be very happy to receive your suggestions, in order to be each day more touched by her.

Sam Guelimi