—
Maintenant j’attends. Je m’impatiente un peu et j’attends avec une sorte d’exaltation intérieure et d’opiniâtreté, car j’ai envie de sa dangereuse douceur et d’être son amie dominée. J’ai envie de l’intérieur or et rouge et noir, et des petits divans dorés, j’ai envie de la grande cheminée et du massif de flamme que divise et anime un vent intérieur, j’ai envie d’elle, de sa voix chantante, de son sourire de perle et de ses chevilles trop minces qui doivent la faire chanceler dès qu’on l’entoure, qu’on l’enserre d’une étreinte ou d’un baiser. La neige augmente ma sensualité, ma tristesse, mon impatience.
Mireille Havet, Journal 1918-1919